La déchéance Néolithique

Il est possible que ce qu’on appelle la civilisation consiste en un long effort pour tromper les hommes sur eux-mêmes.
« Les racines du ciel » Romain Gary

C’est au début du Néolithique que se produisit le plus grand bouleversement alimentaire de notre (pré)histoire : le développement des civilisations basées sur la culture céréalière. Pour beaucoup, c’est l’émergence de l’humain évolué, libéré de la barbarie, enfin soustrait aux dangers de la nature sauvage ! Mais si l’alimentation est le premier facteur de santé, il a du y avoir des répercussions non ?

En 1982, à New York, se déroula une conférence internationale d’archéologie dont le but était d’analyser l’impact de la transition alimentaire néolithique sur la santé humaine. Les données provenaient de multiples études de paléopathologie (une chouette science où l’on examine des restes humains pour trouver si leurs propriétaires étaient en bonne santé lorsqu’ils étaient encore vivants), elles furent rassemblées dans un livre : « Paleopathology at the Origins of Agriculture ».

  • On y apprend que la santé au Paléolithique était excellente : le squelette des chasseurs-cueilleurs est bien développé, il n’y a aucune trace de maladie endémique, la longévité est de 35 ans pour les hommes et de 30 ans pour les femmes (à cause du stress lié à l’enfantement).

  • En revanche les peuples néolithiques, qui avaient une alimentation à base de céréales et de légumineuses, connurent davantage la maladie : on observe chez eux des indicateurs d’anémie (hyperostose poreuse et criba orbitalia), de malnutrition (hypoplasie de l’émail, caries), et des marques de maladies infectieuses (malaria, dysenterie, fièvre typhoïde, tuberculose, maladies gastro-intestinales). La stature, la capacité crânienne et le diamètre moyen de la cavité pelvienne sont réduits d’environ 10%, et la longévité est de 2 ans moindre pour les hommes (mais reste relativement stable pour les femmes).

Transition paléo néolithique

Les archéologues concluent leur conférence par un consensus associant l’agriculture céréalière avec un déclin de la santé humaine…


L’idée de Weston Price se trouve ainsi confirmée. Une alimentation basée sur les céréales, cela veut dire moins de minéraux (à cause des phytates) et moins de vitamines (en particulier de vitamines liposolubles, essentielles pour le métabolisme du calcium), sans compter l’effet des anti-nutriments (gluten, lectines…) .
On voit qu’une alimentation à faible densité nutritionnelle est directement lié à l’augmentation de la morbidité et de la mortalité.



Acheter le livre de la conférence (en anglais) : Paleopathology at the Origins of Agriculture

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6 Comments

  1. Rodion Raskolnikov novembre 26, 2014 Reply
    • Jeremypaleo novembre 26, 2014
  2. Rodion Raskolnikov novembre 30, 2014 Reply
  3. Julien janvier 16, 2015 Reply
    • Jeremypaleo janvier 16, 2015
  4. Thibault janvier 9, 2016 Reply

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