Doit-on manger moins? (1/2)

Dans le milieu de la nutrition il règne une croyance : on mange trop.
La preuve? Cette épidémie d’obésité qui touche les peuples occidentaux. Et il y a des études scientifiques qui montrent qu’on vit plus longtemps en mangeant moins. Sans compter que c’est économique et écologique. Non vraiment, mangeons le moins possible.

Que ce soit de la peur de grossir ou l’exaltation de la vie sans nourriture (respirianisme) la restriction alimentaire est de plus en plus présente, et les techniques pour réduire le nombre de calorie ingérée se multiplient. C’est une de ces idées tellement répandues et « évidentes » qu’on ne se donne plus la peine d’y réfléchir.

Lumière

Vivre plus longtemps en mangeant moins, l’idée vient à l’origine d’expériences scientifiques faites sur des rats, souris et autres animaux de labo. Très classiquement on prit deux groupes de rat, un bien nourri, l’autre moins ; les rats du groupe moins nourri vécurent en moyenne plus longtemps.
Extraordinaire ! Les médias se jetèrent sur l’information, les gourous de la santé s’empressèrent d’investir cette nouvelle niche ; tout le monde se mit à compter ses calories et l’espérance de vie augmenta soudainement jusqu’à 80 ans… Enfin, plus ou moins.

Après quelques années on s’aperçut que ce n’était pas si simple. Si, plutôt que de prendre une seule lignée génétique purifiée, on en prenait plusieurs, l’espérance de vie moyenne diminuait plutôt qu’augmenter. Si on utilisait des rats sauvages, aux gênes non sélectionnées, l’espérance de vie ne changeait pas. Mais ces nuances ne sont pas très attractives pour les médias, et des personnalités s’étaient mouillés en confirmant le paradigme précédent. On garda tout ça plus ou moins sous silence.
Bien leur en a pris puisque arriva bientôt un nouveau chamboulement. Avec d’autres expériences on s’aperçut qu’on pouvait effectivement augmenter l’espérance de vie, mais en diminuant la part de protéine. La quantité de nourriture totale ne semblant rien changer en fin de compte.
Alléluia, les végétariens/végans/fruitariens (garder votre mention) ont la preuve ultime et le monde se convertit enfin à leurs vues !

Sauf qu’il s’est avéré par la suite que ce n’est pas la quantité de protéine qui est déterminante mais celle de méthionine, un acide aminé spécifique présent dans les produits animaux, mais aussi dans les légumineuses ou les oignons…

Et des recherches récentes suggèrent que l’excès de méthionine n’est préjudiciable qu’en l’absence d’une quantité adéquate de glycine (un autre acide aminé qui, contrairement à la méthionine, est plus présent dans la peau, les os et les organes des animaux que dans leurs muscles) !

Il est hasardeux de se servir d’expériences sur les animaux pour conclure quoique ce soit quant à l’espèce humaine. J’aurais cependant tendance à dire que, pour bien vivre, il ne faut pas moins manger mais mieux manger. Choisir sa nourriture de manière à avoir un maximum de nutriments¹, mais toujours dans un équilibre global (dans l’exemple : pas plus de méthionine que de glycine).

Article inspiré de celui de Denise Minger.
Bientôt une revue de la seule véritable expérience de restriction alimentaire sur l’être humain.

¹ et un minimum de toxines ou d’anti-nutriments.

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